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La nuit est tombée

Et lentement les étoiles peu à peu vont se coucher... Une à une, dans un chant de Goodbye (Maaarylouu ^^)
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April 01

Ici

 
 
Il y a des morts, ici, qui me visitent encore, qui lisent mes mots d'avant. Eh ? Fantôme ? Tu sais que je vis toujours, et encore, et bel et bien ?
Si tu veux me joindre c'est tellement plus facile de me contacter directement, et tu sais comment faire. Qui que tu sois. Tu restes le bienvenu, Fantôme.
 
Aller, sans rancune
 
*Brunette
December 06

Le temps s'envole

Le temps a des ailes
Il est éternel
Et moi je meurs avec lui
Je m'étire à l'infini
 
Patience
Pour rien
 
 
 
Adieu
 
 
 
June 25

Nouvel espace

Je ne suis pas très très douée pour les clotures de quoi que ce soit, en l'occurence il s'agit ici de cet espace perso. Je sais fort bien par ailleurs que je l'ai déjà fermé une fois, puis réouvert. Je ne l'ai jamais supprimé car il gardait en son sein des souvenirs de vie. Il faudrait peut-être que je trouve une manière de le conserver pour l'immortaliser, car il a été d'une certaine manière presque un confident.

Mais peu importe, je ne suis pas venue parler de ça. Je suis seulement venue informer les derniers lecteurs que j'ai ouvert un nouvel espace perso, il y a de cela quelques mois maintenant. Vous pouvez y accéder à l'adresse suivante:

 

http://catinka1.spaces.live.com

Je vous encourage en tout cas à le visiter de temps à autres, si la lecture de cet espace-ci vous a charmée.

 

Voilà, c'était tout je crois. Bonne journée!

 

Cati

June 13

Silence

"Un premier amour est comme le poids des années, nul ne peut prétendre l'effacer"

 

June 07

Déplatification

Le titre de ce post ne veut strictement rien dire: je viens d'inventer ce mot, ne sachant même pas ce qu'il veut vraiment dire. Bah, on s'en fout (hein pas vrai..).
L'idée que j'avais derrière la tête, en tout cas, c'était que, par rapport aux deux ou trois derniers posts datant d'hier, je tenais à affirmer que tout était rentré dans l'ordre. En fait, j'étais un peu sous l'emprise d'un film (lol, oui je sais c'est ridicule, mais je suis une fille, après tout!) et euh... les souvenirs, enfin.. des souvenirs me revenaient et des rêves inaccessibles et absurdes me tournoyaient au-dessus de la tête, tant et si bien que j'ai un peu perdu la boule et j'ai tout lâché sur cet espace que j'avais tu depuis plusieurs mois.
 
ça arrive à tout le monde de se retourner vers le passé et de pousser des soupirs, dans quelque moment de faiblesse, n'est-ce pas? Eh bien ce fut mon cas hier, mais aujourd'hui je me suis retournée vers l'avant: faut se prendre en main quand ça va plus. Je suis forte quand je le dois et quand je le veux. Voilà.
 
 
Le plus absurde, c'est que j'écris ce post à des fantômes, à des personnes qui ne liront pas ces mots. Je m'excuse pour un écart dont j'ai été le seul théâtre, la seule actrice, la seule spectatrice. Ces excuses sont donc un peu celles que je me présente à moi-même. Pauvre Cati... complètement chtarbée des fois ^^ Mais bon. ça doit être génétique.
 
 
 
Voili voilà, en tout cas ce fut très agréable de réécrire ici un peu. Il est possible que je reviene de temps en temps me déchaîner sur cet espace perso, puisque mon blog sur Yahoo est lu par deux personnes, donc je ne peux plus vraiment jouir de cette tranquilité à laquelle j'aspirais tant avant, celle du fait de savoir que personne ne lira, donc que j'étais libre de mettre tout ce que je veux.
 
Peut-être qu'un rabougri lira ces quelques lignes, parce qu'il aura gardé mon ancienne adresse msn et qu'une petite étoile s'affiche à côté de mon pseudo. Mais cette personne, quelle qu'elle soit, comprendra certainement que j'écris pour les feuilles séchées du passé, et que les mots qu'elle lit ne sont que des enveloppes vides d'un être qui s'efface doucement et qui laisse place à un nouveau.
 
Cet être, c'est n'importe qui (je tiens à le préciser, parce que mes propos peuvent parraître un peu ambigüs et sembler se rapporter à une personne en particulier, en l'occurence un jeune garçon qui saura se reconnaître, qui pourtant n'est en aucun cas le destinataire exclusif, mais plutôt occasionnel de ce billet).
 
 
 
 
 
 
Avant de finir, comme je suis déjà partie sur ma lancée et que je prends un malin plaisir à raconter tout et n'importe quoi sur cette coquille vide de blog, je tiens à partager une expérience que j'ai faite hier soir dans mon lit peu avant de me coucher:
En fait, alors que je rentrais des dates importantes dans l'agenda de mon téléphone (de futurs rendez-vous ou jours importants), je me suis amusée à faire descendre mon curseur sur les jours. Peu à peu, ce ne furent plus uniquement des jours, mais des mois. A un moment, je passais en janvier 2008... février... juillet... décembre.... 2009.. 2010.....2012....
Je me suis arrêtée vers l'année 2023, année où j'aurai 33 ans. Pas que l'âge de 33 ans ne m'évoque quelque chose de particulier en lui-même. C'était juste le fait de m'imaginer à cet age-ci. Que ferais-je, en cette année là, à cet instant précis? Vivrai-je? Aurai-je quelqu'un dans ma vie ou serai-je seule? Aurai-je un ou plusieurs enfants? Aurai-je des problèmes de santé? De logement? D'argent? Serai-je heureuse, ou des malheurs m'assailleront-ils?
Comment sera le monde en cette année?
 
Toutes ces questions qui me prenaient de toute part, comme des adversaires intouchables et terrifiants, je les repoussai peu à peu en revenant dans le temps. En 2007. Mais le sentiment, ou plutôt l'émotion que j'avais ressenti à l'instnat où je pensais à tout cela m'étais restée.
 
Aujourd'hui même, j'ai vu un grand père passer avec son vélo sur le côté. Il était un peu courbé et je me demandais s'il comptais réellement monter en selle. Il avait de jolies chaussures marron forcément passées de mode, mais luisantes, propres et belles. Il était habillé proprement, avec soin, même.
Lorsque je suis passée à côté de lui, il m'a décoché un léger regard. Un peu étonné, ou peut-être surpris.
Ou alors, indifférent. Je ne sais plus.
En tout cas, dans ce regard j'ai vu les années, la différence qui existait entre lui et moi. J'ai pensé qu'il fut un temps, c'était lui qui était à ma place et peut-être un autre grand-père qui marchait, courbé à côté de son vélo avec des chaussures lustrées. Et je me suis sentie tout à coup très ephémère.
La veille, il m'avait suffi de descendre mon curseur vers le futur, vers ce futur dont j'ignore tout encore, que je ne fais qu'imaginer.
Il m'avait suffit d'une minute pour arriver à mes trente-trois ans.
 
Ma vie aura-t-elle duré une minute? 
June 06

Euh...

 
 
Désolée pour les deux derniers posts...
 
 
Je m'étais un peu emportée ^^
 
 
 
 
 
 
 
Hey, la vie continue... Hein.
 
 
 

Déteste

 
 
Je déteste le H, avec un GRAND H, et le nombrilisme qu'il engendre.
 
 
Je déteste le H.
 
 
 
signé Cati
 
ps: ceci n'est pas une signature de retour. juste de régression momentanée (on s'en sort tous, hein)
February 06

Tandis que j'oubliais...

Un petit tourbillon, une petite folie, trois pas en avant, et me voici dans une flaque à nouveau à me mirer. Quoi! Mon reflet à changé? Je me souviens de deux yeux bruns étincellants. Ces morceaux d'ambre enflammée qui ont pris leur place, je ne les connais pas. Je me souviens de mes deux pommettes décolorées et désséchées, pas de ces deux formes roses et brillantes qui m'encadrent des deux côtés! Je me souviens d'une petite bouche pincée, et pas de cette horreur qui sourit malicieusement. Me suis-je autant métamorphosée, devenant cette jeune fille, cette horreur qui me fait si peur à présent?
Quelle peur! Je m'étais promis! Que faire, alors? Que faire pour inverser le temps, pour retrouver tous les grains du Grand Sablier écoulés pour me souvenir du passé et de ma promesse?
 
Il fut un temps, je marchais le regard dans le vague et je portais dans mon coeur une peine trop lourde pour ma petite taille. Je m'en accomodais, pourtant. Je m'étais dit que j'allais la distiller, tout doucement, et qu'au fil des jours elle deviendra ma compagne. Et voilà qu'elle se défile à moi, petite menteuse, voilà qu'elle s'envole pour tourmenter un autre coeur.
 
Il fut un temps, je marchais le regard posé sur les arbres et je soupirais. Je m'étais fermée au vent qui me brûlait de toute part de ces mille et unes gentillesses, trop occupée que j'étais à me demander comment poser encore un pas devant l'autre. Oui, il était certaines matinées où le poids m'était si grand que j'étais pliée en deux. Et il était des soirs où je n'arrivais pas à m'endormir car le sel m'avait envahi les yeux et me les piquait atrocement.
Je me souviens de mes convulsions, je me souviens de mes cris de grâce, je me souviens... Je me souviens.
 
Mais hier soir j'ai vu que peu à peu, j'oubliais...
 
J'oubliais.
 
Mais comment faire, maintenant? Pour me souvenir à nouveau des sentiers gris et rocailleux où je m'écorchais les pieds? Mais comment faire maintenant, pour retrouver la voie mordante qui faisait si bien saigner, par ses épines et ses bouts de verre brisé, comment faire pour faire oublier à cet idiot que je traine avec moi de cesser de regarder autour?
 
Il est des oiseaux qui me rappellent le mien propre, des oiseaux qui m'élèvent tour à tour et qui ne me reposent que trop rarement sur une terre ferme. Il est des oiseaux qui me mettent le coeur dans les nuages et le goût du traitre miel aux lèvres. Mais que suis-je devenue, oh bon sang, que suis-je devenue, cette créature méprisable qui se meut dans mon corps jour après jour, cette créature qui a maudit, puis oublié, pour à nouveau se souvenir de cet idiot qu'elle traine partout comme une peine?
 
Il me faut revoir et retrouver la mer. Que je me replonge encore, encore un peu dans l'océan et les cendres de mes incinérations.
 
J'avancerai pas à pas.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La solitude me fera le plus grand bien
February 05

Les sentiers oubliés

C'est un vaste pays, une douce étendue
Une immensité verdoyante et mélodieuse
Où la vie éclôt lentement, belle et nue
Enveloppée d'une aura voilée et soyeuse.
 
Le temps y flâne doucement, il avance
D'un pas mesuré et attentif au ballet.
Les couleurs se mêlent et tissent avec patience
Des cieux aux teintes franches, belles et vraies.
 
Les longues franges des arbres caressent la terre
Et murmurent au vent de tendres histoires inouies
Venant des contrées merveilleuses où ciel et mer
 
Se tiennent main dans la main dans une ronde infinie.
Ce sont les merveilles, les secrets de nos poussières,
Les racines de la joie, de la vie et de l'air.
 
.Ccxx
 
Note: ce poème, je l'ai commencé le 29 janvier mais je n'ai pas eu le temps de le finir. Ce soir, je l'ai fait... Mais je ne suis pas sûre d'être allée là où je le désirais. Tant pis.
 
 
 
 
 
January 31

Passagère

Comme la vie avance vite, et comme on change au cours de la vie... Devrais-je dire que c'est stupéfiant? Oui? Alors d'accord: c'est stupéfiant.
 
J'ai rejeté un coup d'oeil sur quelques unes des anciennes pages de cet espace personnel, et je me suis rendu ô combien de changements ont eu lieu. Pour la majeure partie, ce sont de bonnes choses. On grandit, c'est ainsi, on s'affine, voilà tout.
Aucune nostalgie, aucun regret. Je suis contente de ce que je suis aujourd'hui, plus mesurée, plus consciente, plus vraie, moins fausse.
 
Pourtant... Quel fatras de mensonges, quels entrelacements de bêtises, quels manques de vérité! M'étais-je tant aveuglée?
 
Bah. On s'en fout.
 
Je crois que je me fous un p'tit peu de tout, ces derniers temps. Et de moi aussi... Surement. Surtout.
 
.Ccxx
January 29

Départ

Ceci est une bouteille qu'on m'a envoyé, une bouteille merveilleuse qu'il me faudra remplir et renvoyer d'ici le 5 mars.
 
C’est le printemps. Tu vas pouvoir flâner avec ton oncle dans les rues de Paris. Tu verras, c’est une ville magnifique. Il faut que tu connaisses ça ».

OU

Alors j’ai cru comprendre que le temps est une route, et l’éternité le pays. Non le pays vers lequel la route se dirige, mais celui qu’elle traverse et qui la rend concevable. »
January 28

Souvenir

Cela va bientôt faire un an, un bonhomme que je connais et que j'aime bien a posté un article sur son espace perso (qu'il a à présent laissé en friche pour cause de non-besoin), un article qui se résume en une série stupéfiante de questions. J'ai regardé le seul commentaire qui a été posté et il s'est avéré que ce fut le mien. Et quel commentaire!
J'avoue que j'ai été un peu surprise. Et ... oserais-je dire.. charmée?
 
Voici:
 
article: 

Que

Que veut dire être seul ?
Que veut dire aimer ?
Que veut dire souffrir ?
Que veut dire partir ?
 
Qu'est ce que le chaos ?
Qu'est ce que la décadence ?
Qu'est ce que la destruction ?
Qu'est ce que la mort ?
 
Qu'est ce que la renaissance ?
Qu'est ce que le commencement ?
Qu'est ce que le vécu ?
Qu'est ce que la vie ?
 

commentaire:
 
 
 
Une suite de questions sortie de ma tête un jour par hasard ...
 

être seul, c'est n'avoir qu'une compagne: la solitude. des fois c'est bien, des fois... c'est pas bien. non, des fois c'est lourd, parce qu'elle est pire qu'une ombre, parce que cette solitude devient les ténèbres mêmes...

qu'est-ce que veut dire aimer? aimer, c'est offrir le joyau de notre personne aux autres. ou à l'Autre. ça dépend de quel "aimer" il est question. c'est ne plus avoir peur pour soi. c'est ne plus penser à soi. c'est avoir peur de blesser l'autre. c'est ne penser plus qu'à l'autre... et à son bien-être.

qu'est-ce que veut dire souffrir? c'est le mal qu'on éprouve physiquement ou intérieurement suite à une blessure... physique ou intérieure. ou les deux. la souffrance physique peut être très intense mais le plus souvent elle ne dure pas tant que ça, et elle se soigne pour les cas généraux par des médicaments ou des opérations. la douleur intérieure est diffuse et profonde et elle se répercute sur le physique: fatigue constante, fragilité face aux maladies... c'est une horreur qu'on se trimballe à longueur de journée, qui nous obnubile et nous détruit. souffrir, c'est ne plus être soi-même. c'est être moins qu'ça.

partir? partir,c 'est s'en aller. partir, c'est quitter. s'enfuir. ou juste se faire expluser lol

 

le chaos, c'est quoi? le bordel, l'incompréhension, le vide remplit de plein, le plein remplit de vide. un méli mélo de choses, d'idées et de sentiments sans ordre aucun. un joli foutoir dans lequel on ne trouve pas sa place et duquel on aimerait bien sortir vite fait...

la décadence? la décadence, c'est la régression régulière et dangereuse vers le mauvais. c'est la perte des idéaux, c'est l'immoralité, c'est la légalisation de l'illégal pour des raisons de plus en plus bidon... la décadence, c'est ce qui dirige notre monde, comme un chef d'orchestre aux yeux creuvés, exultant de joie à la discorde qu'il crée...

la destruction... la destruction c'est la fin. c'est l'écrasement de ce qui fut. c'est le début du renouveau... des fois.

la mort... la mort c'est la fatalité qui te dit que c'est fini pour de bon, que l'espoir s'en est complètement envolé. c'est l'ennemi sans visage, c'est le fait qu'on n'acceptera sûrement jamais...

la renaissance, c'est ce qui suit la destruction. c'est ce qui suit la mort. c'est ce qui suit la souffrance. c'est l'espoir réalisé, c'est l'espérance devenue vérité. la renaissance c'est le renouveau du monde, de la personne...

le commencement, c'est le début. ici, rien de spécial à ajouter..

la vie?

c'est la plus belle aventure du monde. c'est le trésor qui te permet de poser toutes ces questions :)


Ais-je été comme cela un jour?

Si oui, alors.. Oh bon sang, je crois avoir régressé...

 

 

.Ccxx

L'invitation au voyage

 
Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur,
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels  brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes,
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant les odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
-Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
 
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
 
 
Charles Beaudelaire
January 26

Ophélie

 
I
 
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
_ On entend dans les bois lointains des hallalis.
 
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir;
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
 
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux:
Les saules frisonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
 
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle:
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
_ Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
 
II
 
Ô pâle Ophélia! belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
_C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;
 
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et le soupirs des nuits;
 
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux!
 
Ciel! Amour! Liberté! Quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
_ Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
 
III
 
_Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
 
 
 
Arthur Rimbaud

Sensation

 
 
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue:
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
 
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, _ heureux comme avec une femme.
 
Mars 1870.
 
Arhur Rimbaud